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mardi 22 mai 2012

Plaisir d'écrire

"J'écris parce qu'il me paraît que le seul intérêt de ce monde est un intérêt littéraire.

Tout plaisir est littéraire, même celui de manger une figue, car il ne serait pas plaisir s'il n'était recul étonné, et l'étonnement souhaite le partage, donc la parole.

Si la figue cessait d'étonner, je la mangerais sans plaisir; et si elle m'étonne j'ai besoin de le dire.

J'écris comme je suis visible, et comme les choses le sont : à ne savoir qu'en faire.

Et j'écris parce que beaucoup n'écrivent pas, préférant croire que « cela » va de soi – que l'on n'a pas besoin de s'intéresser aux fleurs pour qu'elles soient ce qu'elles sont, et qu'il est sage de les laisser tranquilles.

J'aime à croire que je serai interrogé sur tout ce que je vois : car ainsi je le vois mieux"

Roland Dubillard
Extrait des Carnets en marges trouvé dans un article du magazine du Théâtre de Lorient (n°3 printemps 2012)

dimanche 4 mars 2012

La Route du Temps

Aujourd'hui normalement c'était un temps de repos, le temps d'abord d'une grasse matinée salutaire où l'on laisse revenir à l'esprit les moments stressants de la semaine pour mieux les digérer et les instants heureux pour mieux les savourer.

Et bien non le livre de Philippe Guillemant," La Route du temps", qui hier m'est littéralement tombé dans les bras ne m'en a pas laissé le temps.

Ce livre m'a réveillé aux aurores et m'a pris tout le temps que j'avais pourtant prévu de consacrer à autre chose… c'est à dire pas grand chose.

Mais il n'y a pas de hasard, dit l'auteur, il n'y a que des  synchronicités, des coïncidences significatives  qui font sens à ceux qui savent porter une attention particulière aux évènements : l'étonnement.

Et il a raison… la preuve : Il y quelques jours justement, Thomas d'Ansembourg a terminé sa magnifique conférence en philosophant sur le "thème du temps".

Philippe Guillemant est physicien, chercheur au CNRS : dans son livre il nous "révèle sa théorie du temps en expliquant le mécanisme des synchronicités.  Il démontre qu'au fond de chaque individu existe un potentiel inexploité, et notamment une faculté d'activation immédiate de l'avenir qui correspond le mieux à ses intentions, parmi les multiples parcours possibles de sa vie".

C'est un livre passionnant, certes par moment ardu, qui muscle le cerveau et qui l'ouvre sur les perspectives de la nouvelle physique : la physique de l'information.

La loi chère à l'auteur  de "Convergence des Parties" m'a évidemment particulièrement séduit.

Mais c'est aussi un livre poétique, métaphorique, écrit comme un roman, qui nous fait voyager avec beaucoup de charme et de poésie le long de cette route sinueuse aux paysages fabuleux qui traverse la réserve géologique de Haute Provence et qui s'appelle justement "La route du temps".

mardi 14 février 2012

L'urgence de savoir vivre ensemble

Après mon dernier coup de cœur pour le livre de Michel Lacroix sur l'éthique de la parole, en voici un autre, cette fois consacré à l'éthique du comportement.

"Professeur au lycée où elle enseigne les sciences économiques et sociales, Cécile Ernst côtoie chaque année des centaines d’adolescents de toutes cultures et de tous milieux sociaux, certains malmenés par la vie, d’autres incroyablement gâtés. 
Une chose les réunit pourtant : leur manque de savoir-vivre en société, et la fierté (ou pour le moins l’impunité) qu’ils en retirent. 

Au fil de ce petit livre où s’entremêlent son vécu et ses recherches de sociologue sur la question du savoir-vivre, Cécile Ernst montre comment les incivilités (au lycée, dans la rue, le RER, à la télé…) ne sont que l’écho d’un monde qui fait de l’indifférence à l'autre une valeur tendance, un acte profondément libérateur et une nouvelle norme sociale. Mais il n’est pas trop tard pour réagir"

dimanche 12 février 2012

Voyage au pays des paroles


Gros coup de cœur voire coup de foudre pour ce livre de Michel Lacroix au titre tout à fait explicite :"Paroles toxiques, paroles bienfaisantes- Pour une éthique du langage"

A l'heure où l'écologie de la terre est de plus en plus considérée et valorisée, l'écologie humaine, la qualité linguistique de l'humain est restée de très loin à la traine.

Il y avait bien eu, en leur temps, avec Mademoiselle de Scudéry, le Chevalier de Méré, divers traités de conversation mais qui furent rapidement oubliés au profit d'une morale de la vérité ou de l'action.

"Le but que j'ai visé en écrivant ce livre était de reprendre le flambeau de la civilité du XVIIe siècle. J'ai voulu arracher à l'oubli l'idéal de la conversation bienséante forgé à l'époque du grand siècle et montrer que cet idéal de civilité, qui constitue l'une de nos plus belles réalisations "civilisationnelles", était une ébauche de l'éthique de la parole."

Ce livre est loin de n'être que philosophique, historique, psychologique, sociologique il est aussi pratique, simple et agréable à lire. Il montre bien ce qu'est une parole toxique, soit par sa force type missile, soit par ses répétitions.
"Sticks and stones can break your bones, but words can break your heart"
Michel Lacroix décrit bien également ce qu'est une parole bienfaisante, une parole qui témoigne de la sympathie, de la compréhension, de la consolation, qui redonne du courage ou de l'estime de soi ou qui libère le meilleur de nous-même.

J'ai personnellement senti lors d'un séjour en clinique l'effet incroyable de la part d'un médecin d'une telle parole; après sa visite je me suis tout à coup senti vraiment guéri.

L'auteur nous précise également les règles d'une véritable parole éthique, qui bien appliquées permettront "l'avènement d'une civilisation plus évoluée, plus humaine."

"La bonne parole dont j'ai dessiné l'idéal dans ce livre n'est pas seulement, en effet, une parole discutante, argumentative, raisonnable, c'est à dire démocratique. Elle entend être aussi une parole courtoise, attentionnée, positive, bienveillante, encourageante, tendre, empathique, enthousiasmante, ouverte sur le monde, soucieuse de préserver l'existant, respectueuse de l'héritage linguistique."
"Elle permettra une transformation de toutes les sphères de la société."

vendredi 9 décembre 2011

"Si Dieu existe, pourquoi ne le voit-on pas ?
 Dieu est-il une personne, une force, une énergie, un principe créateur ?
 Pourquoi s’entretue-t-on au nom de Dieu ?
 Que disent les philosophes de Dieu ?
 La science peut-elle prouver que Dieu existe ou qu’il n’existe pas ? ...etc

Voici quelques-unes des questions posées par la journaliste Marie Drucker à Frédéric Lenoir, philosophe et historien des religions. À travers une conversation très vivante, où aucun sujet important n’est éludé, la fabuleuse histoire de Dieu dans l’histoire humaine prend tout son sens." (extrait de la 4éme page de couverture)

"Ces questions, la journaliste Marie Drucker les a posées à Frédéric Lenoir. Et le philosophe, historien des religions, répond avec le sérieux et la simplicité qui font son succès.
Une analyse qui se veut « objective et distanciée » et qui prend en compte aussi bien les points de vue des athées que des croyants. Tout simplement passionnant."
 extrait du commentaire de Francois Vercelletto, journaliste à Ouest-France. cliquer ici pour accéder à son article

Conférence de Frédéric Lenoir : jeudi 15 décembre - 20h30 - Rennes

jeudi 8 décembre 2011

Petit traité de vie intérieure


Dans son petit traité de vie intérieure, Frédéric Lenoir reprend certains thèmes annoncés dans son roman initiatique "L'Oracle della Luna" (cf. chapitre 72) et les applique à notre quotidien.

Il aborde le sens de la vie, de ses épreuves qu'il considère comme de véritables maîtres spirituels car souvent, lorsque nous parvenons à y faire face par le processus de "résilience" nous permettant de trouver en nous la force nécessaire et de développer de nouvelles qualités, nous en sortons plus mûrs, plus sages.

Il remet ainsi en question le sens négatif que notre société donne aux soi-disants échecs, occasions pour chacun d'une prise de conscience sur soi et sur la vie.

Il évoque la quête du bonheur qui passe par la connaissance de soi mais également et surtout par l'amour de soi, condition sine qua non pour des relations vraies et épanouissantes avec les autres.

Beau programme mais comment y parvenir ? L'auteur se dévoile, évoque son propre parcours personnel et professionnel tout en restant d'une grande humilité par rapport à son vécu : ses retraites, ses lectures, ses rencontres, le bienfait de certaines thérapies, de la méditation, le pouvoir de l'instant présent.

Il décrypte les grands principes religieux tels la Règle d'or, l'Amour des Autres, le Pardon, etc et les rend accessibles et réalisables.

Le petit traité de vie intérieure est une ode à la vie telle qu'elle se présente pour chacun avec ses hauts et ses bas et le bonheur, ces beaux et bons moments, est plus que jamais à notre portée.

Conférence de Frédéric Lenoir : jeudi 15 décembre - 20h30 - Rennes

samedi 26 novembre 2011

Enquêtes extraordinaires de Stéphane Allix

Les enquêtes extraordinaires de Stéphane Allix c'est l'art de montrer à nos esprits cartésiens ces phénomènes inexpliqués comme les intuitions, les pouvoirs des guérisseurs, la  médiumnité, la télépathie, etc.

Sans jugement, sans préjugés, avec curiosité, envie de comprendre pour mieux en parler, Stéphane Allix mène l'enquête et teste lui-même les exercices de télépathie, de médiumnité, interroge magnétiseurs et coupeurs de feux, rencontre celles qui communiquent avec les animaux, les met en situation devant la caméra, sans préparation.

Car comment dépister les charlatans si ce n'est en prouvant la véracité des témoignages recueillis et en vérifiant soi-même les résultats de toutes ces expériences ? Ou en avouant en toute honnêteté qu'aucune explication rationnelle n'explique le phénomène.

Parmi les témoignages se trouvent ceux bouleversants des personnes ayant vécu des Expériences de Mort Imminente, qui ont vu leurs corps sur une table d'opération, qui pensaient partir et qui sont revenues....

Et c'est là un des sujets phares de l'auteur de "la mort n'est pas une terre étrangère". Un drame personnel, moteur d'une quête qui durera des années, l'amène à s'interroger sur ce qu'est la mort. Le lecteur le suit dans ses voyages extérieurs et intérieurs.

On admire son courage et sa pugnacité, son insatiable quête de vérité et de connaissance, la sincérité touchante de son propre témoignage, son passage de l'état bien légitime de douleur, de culpabilité, de colère, de peur surtout à celui de l'acceptation, de compréhension et enfin d'apaisement.

La question de la vie après la mort par la communication médiumnique est à nouveau posée comme l'a fait Clint Eastwood dans son dernier film "au-delà"

La mort ? Une dissolution, une transformation de conscience ? Une métamorphose ? Une continuité ? A travers cette étude holistique, l'auteur nous fait voir la mort sous un nouveau jour. Son envie de comprendre et de dépasser les peurs qu'elle nous inspire devient contagieuse.

Stéphane Allix sera en  conférence à Rennes le Mardi 6 décembre   Plus d'information en cliquant sur ce lien

dimanche 6 novembre 2011

Christophe André : "Méditer jour après jour"



La première chose qui saute aux yeux, c'est la beauté même du livre.

Une petite œuvre d'art avec son papier glacé, les nombreuses et magnifiques photos de peintures, aux détails grossis à la loupe, les nombreuses citations leur servant de légendes et dont l'auteur est si friand.

Sans compter la table des matières originalement présentée en début de livre, chaque partie ayant sa propre couleur, laquelle sert d'ornement à la police de caractère.

L'auteur commence ainsi par l'éveil des sens : la vue, l'ouïe grâce au CD qui est joint, le toucher et l'odorat, lorqu'en tournant les pages, le papier avec son odeur sprécifique, glisse sous les doigts.

La forme, en totale cohérence avec le fond, capte notre attention. Nous plongeons dans un monde ralenti propice à l'introspection, à une prise de conscience des actes ordinaires de la vie quotidienne et des sensations qu'ils nous procurent, et ce pour mieux s'ancrer dans le présent.



jeudi 6 octobre 2011

Steve Jobs : le roi de la convergence


 Cher Steve,

Grâce à ta géniale  première invention le Mac plus tu as été le premier à oser la convergence :

- Convergence entre esthétique et informatique
 
Avant toi les ordinateurs étaient lourdaud, sombres, tristes :
grâce à toi il sont devenus beaux, de plus en plus beaux.

Le premier Mac (1984)

- Convergence entre efficacité et simplicité.
Grâce à tes icônes sur l'écran et surtout la souris tu as mis l'informatique à la portée de tous.


- Convergences entre travail et plaisir :
  Travailler sur un Mac enlève la sensation de contrainte, d'effort, de lassitude dans le travail : il devient ludique.


Le dernier Mac 



- Convergence entre informatique et multimédia



Hommage et réactions diverses à ton départ


Son fameux discours de 2005 lors de la remise de diplôme de l’université américaine de Stanford

lundi 25 juillet 2011

Au revoir David

Nous vous avions reçu deux fois en conférence : vous nous aviez touché par votre simplicité, votre  gentillesse, votre  courtoisie, votre humilité, votre culture médicale rigoureuse et ouverte.

A chaque fois ça été un plaisir et une joie de vous recevoir.

Vous êtes parti ce dimanche 24 juillet : nous voulons par ce message, non pas vous dire adieu mais au revoir.

Comme nous l'avions fait lors du départ de votre ami Bernard Giraudeau  : nous voudrions vous dédier à vous aussi ce poème d'espérance de William Blake que nous aimons beaucoup.

"Je suis debout au bord de la plage
un voilier passe dans la brise du matin
et part vers l'océan
il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse de l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit : "il est parti"
parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout !

Son mât est toujours aussi haut
la coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue
est en moi, pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit "il est parti",
il y en d'autres qui le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux
s'exclament avec joie : "le voilà " ...

Lire le bel hommage d'Ursula Gauthier, journaliste et co auteur de son dernier livre :

"Il est celui qui a redonné espoir à des milliers de malades et changer le regard sur le cancer. mais voilà que le mal le rattrape.

Ce cancer du cerveau diagnostiqué en 1992 a connu récemment une grave récidive. De cet épisode là aussi, le neuropsychiatre a tenu a témoigner.

"On peut se dire au revoir plusieurs fois" (Rober Laffont) est à la fois une défense de son oeuvre scientifique et une conversation avec la mort. Une leçon de vie "
(texte d'introduction au dossier du nouvel Observateur de cette semaine)

 lire un extrait du dossier du Nouvel Observateur

mardi 14 juin 2011

Le soleil même la nuit


Un bon livre  c'est un livre dont on ressort différent que lorsqu'on y est entré.

C'est le cas de  ce livre de Jacques Lusseyran qui du début à  la fin vous prend corps et âme en vous emportant sur les cimes du courage, de la liberté, de la résistance face à l'adversité et de la Lumière.

Ce livre de Jacques Lusseyran aurait tout aussi bien s'intituler comme ce film franco-italien de 1989 inspiré d'une nouvelle de Tosltoi   "Le Soleil même la nuit".

En effet, ce livre  nous entraine au cœur de deux nuits : celle de la dernière guerre avec ses  horreurs, camps de concentration et celle d'un non voyant qui en plus de son handicap doit affronter la première.

Mais c'est pourtant aussi   au cœur de ces deux magistrales nuits que la Lumière, par contraste lui apparait d'autant plus vive, vivante.

Ce livre est surtout connu en tant que témoignage exceptionnel d'un homme qui a participé à la mise en place  des premiers mouvements de résistante et à la "vie" dans les camps.

Je voudrais moi vous le faire connaitre par une autre entrée, celle si bien décrite dans la préface de ce livre par Jacqueline Pardon :

"Un petit garçon de huit ans perd définitivement la vue, à la suite d'une bousculade à l'école communale.C'est un malheur irréparable.Mais Jacques Lusseyran le transforme en victoire.

Il découvre en lui des dons inhabituels. D'abord, il voit toujours le soleil lorsqu'il regarde de « l'intérieur vers l'intérieur », soleil qui « conserve sa flamme joyeuse ».

Et dans la lumière de celui-ci, tout revient. Et plus encore, c'est un déferlement de couleurs. Même les chiffres, les lettres, les notes de musique sont colorés.

Quant aux hommes, s'il ne voit plus la forme de leur corps, c'est une tache colorée qu'il perçoit, différente pour chacun.

Les autres sens se développent, l’ouïe en particulier. La voix, pour lui, est beaucoup plus révélatrice de l'être que l'expression du visage. La cécité, loin de le séparer des autres, le rapproche d'eux".

mercredi 17 novembre 2010

Pourquoi lire ?


"C'est le titre du nouvel essai de Charles Dantzig, l'homme qui pose les questions auxquelles on n'a pas pensé.

Il y a quelques années, il avait surpris son monde avec A quoi servent les avions ?
 un recueil de poèmes. Il y répondait en partie, mais, là, il botte en touche. "Lire ne sert à rien.

C'est bien pour cela que c'est une grande chose.

Nous lisons parce que ça ne sert à rien" (p. 235). Le lecteur est bien avancé, dira-t-on. Mais ce n'est pas le problème.

La saveur de ce petit traité est ailleurs, dans la manière qu'a Dantzig de ferrer le sujet, celle qui a fait la réputation de son Dictionnaire égoïste de la littérature française (2005). "
  .... suite de cet article de l'Express 

==> Interview de Charles Dantzig à l'émission "La Grande Libraire" sur le 5


« La lecture n'est pas contre la vie. Elle est la vie, une vie plus sérieuse, moins violente, moins frivole, plus durable, plus orgueilleuse, moins vaniteuse, avec souvent toutes les faiblesses de l'orgueil, la timidité, le silence, la reculade. 
Elle maintient, dans l'utilitarisme du monde, du détachement en faveur de la pensée.

Lire ne sert à rien. C'est pour cela que c'est une grande chose. Nous lisons parce que ça ne sert à rien. »
Des conseils, des douceurs, des rosseries, et une conception de la lecture comme « soeur de la littérature », toutes deux marchant ensemble dans un combat contre le temps. Une philosophie de la lecture qui fait s'exclamer, s'enthousiasmer, applaudir, et qui ne donne qu'une envie : (la) relire"
(extrait de la 4è page de couverture)


J'avais vraiment beaucoup aimé aussi lorsqu'il est sorti l'année dernière ce livre de Charles Dantzig : Encyclopédie capricieuse du tout et du rien.

Pour le prix de trois places de cinéma, vous y passerez de beaux moments de détente, de loisir, de sourires ... voire de jubilation.

Sur presque 800 pages, un pavé, (pas du tout indigeste) vous y découvrirez des listes, des listes et encore des listes :

"Liste des plus belles routes du monde - Liste de Venise - Liste des choses douces - Liste des avantages et des désavantages de l'amour - Liste du sexy - Liste branlante du bonheur - Liste des femmes comme on en voudrait dans sa famille - Liste des mères - Liste des fessées perdues - Liste de l'horrible toc - Liste des convives qui ont le plus de succès dans les dîners - Liste de ce qu'on n'a jamais vu - Liste de la gloire et de la célébrité - Liste des acteurs - Liste des chansons de variétés tragiques - Liste d'écrivains que d'autres écrivains n'aiment pas - Liste des avions - Liste des prénoms - Liste des meilleurs « mots » que je connaisse - Liste de ce que je ne savais pas..."

... "Rangées par thèmes (les lieux, les peuples, les gens, les corps et le sexe, les arts, les mots, l'histoire...), elles nous permettent de retrouver Charles Dantzig, son érudition, son esprit, son humour, et même des confidences. On rit, on est caressé ou griffé, on l'écoute avec passion parler de littérature, d'art, de géographie, de futilités et de choses graves, de mode et de mort, de télévision et de Grèce ancienne... Un livre sans équivalent. "

(extrait de la quatrième page de couverture)

==> Cerise sur le gâteau ... pour vous donner envie de courir acheter ce livre : voici quelques perles , savoureux passages, morceaux choisis glanés de ci, de là au fil des ces divers listes, qui on enchanté mes jours et parfois quelques nuits :




lundi 25 octobre 2010

Comment les oiseaux font-ils pour dormir en volant ?

J'aime les jolis titres, les titres qui chantent, les titres clin d'œil, les titres qui interpellent, les titres qui réveillent, les titres qui font sourire, les titres qui donnent envie d'ouvrir un livre ... ou de venir à une conférence.

Et quand le contenu s'avère être à la hauteur, alors je suis comblé !

Coup de cœur donc pour ce livre aux 50 questions- réponses écrites avec le sérieux, la poésie et l'humour de Jean-Luc Nothias.

Au menu de ses questions essentielles et surprenantes :

Pourquoi le savon mousse-t- il ?
Pourquoi les bananes n'ont-elles pas de pépins ?
Pourquoi les dunes chantent-elles ?
Pourquoi les nuages sont-ils aussi beaux ?
Peut-on voir à travers les murs ?
Einstein a-t-il encore raison ?
Peut-on vraiment mourir de rire ?
.... etc ...

"Apprendre à connaître pour mieux comprendre ...
apprendre à comprendre pour mieux connaître"
telle est la devise de l'auteur
dont la curiosité toujours en alerte
n'a d'égal que son talent pédagogique, de poète
et de conteur au coin du feu.


samedi 18 septembre 2010

Alexandre Jollien - Le bonheur malgré tout


A l'occasion de la sortie de son nouveau livre : "Le philosophe nu"
, je suis heureux de parler pour la première fois sur ce blog d'Alexandre Jollien qui me touche beaucoup par sa sensibilité, son érudition, sa sagesse et surtout parce qu'il nous donne à tous un des plus beaux témoignage de résilience.

Mais qui est Alexandre Jollien ? (pour ceux qui ne le connaîtrait pas encore)

Le sommaire de son interview sur Sept à Huit du 12 septembre 2010 donne une bonne idée son cheminement :

"Alexandre est né infirme moteur et cérébral. La médecine annonce à ses parents qu’il ne marchera pas, ne fera pas d’études. Pendant 17 ans, il vit dans un établissement spécialisé pour personnes handicapées physiques.

Et puis la philosophie entre dans sa vie et la bouleverse : aujourd’hui, à 35 ans, Alexandre Jollien est philosophe et écrivain, ses livres sont des best-sellers.

Dans un entretien accordé à Thierry Demaizière, il raconte pourquoi son handicap est un mal pour un bien, une épreuve qui l’a poussé à donner un sens à sa vie. Il revient sur son enfance, son envie de légèreté, le regard des autres. Il parle de la jalousie que provoquent chez lui les hommes ” normaux “, quand lui doit assumer son corps en miettes." )

Lien vers cette interview : (8 secondes de publicité avant)

Ses livres :
Éloge de la faiblesse (Cerf, 1999), Le Métier d'homme (Seuil, 2002) et La Construction de soi (Seuil, 2006). Le philosophe de la joie en 2008 (livre sonore avec Bernard Campan) ... "Le philosophe nu" aout 2010.

vendredi 7 mai 2010

Freud sur le divan

J'aurais pu également intituler cet article :
Un pavé dans la mare

Le pavé : le dernier livre de Michel Onfray 612 pages
La mare : La psychanalyse.
Son titre : Le crépuscule d'une idole
Sous titre : l'affabulation freudienne.

Je ne suis pas contre la psychanalyse : elle m'a en son temps sorti d'affaire ...
mais j'aime bien que l'on bouscule les idées, y compris les miennes.

J'aime bien que l'on remette en question les concepts sclérosés, les certitudes figées.

J'aime bien que l'on sorte des croyances, des vérités toutes faites, des légendes en lieu et place des faits historiques.

Pour moi il n'y a de vérités que vivantes sans cesse revivifiées par de nouvelles découvertes.

J'aime bien que l'on aille regarder dans les coulisses de la genèse des idées, des sciences.

J'aime bien que l'on secoue la pensée parce que ça rajeunit l'esprit, ça le rend plus souple, compensant ainsi le manque de souplesse du corps lorsqu'il prend un peu d'âge.

Avec ce dernier livre de Michel Onfray " Le crépuscule d'une idole" je suis comblé.

Après "le livre noir de la psychanalyse" paru en octobre 2005, voici que l'auteur de "l'Anti manuel de philosophie" remet Freud sur le divan - je devrais dire sur le gril - en critiquant vivement les bases, soi disant scientifiques et historiques sur lesquelles se sont édifiés les concepts de la psychanalyse.

Pour le philosophe, Freud aurait pris ses désirs pour des réalités, aurait érigé en vérités universelles ses propres fantasmes, ses propres complexes, sa propre névrose.

Freud, à son tour sur le divan c'est drôle ; en plus le livre de Michel Onfray est très documenté, très érudit, très fouillé.

On pourrait croire qu'un tel livre n'est qu'un pavé indigeste pour spécialistes : et bien non : il se lit quasiment comme un roman policier.

On en ressort plus intelligent, plus souple et si besoin en était, guéri de cette fixation narcissique aux idées, qui, comme le disait si bien Lacan fait si souvent confondre le sujet qui parle (S) et le petit sujet (s) dont on parle.

Bien sûr, et c'est salutaire, beaucoup sont en désaccord total avec les affirmations de Michel Onfray :

Voir la critique qu'en fait Bernard Henri Lévy sur son blog
Voir la réponse de Michel Onfray à Bernard Henry Lévy

Critique d'Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse sur nouvelObs.com

Réponse de Michel Onfray à Elisabeth Roudinesco

Article "Le Procès fait à Freud " dans le figaro du 29 avril 2010


Et si vous avez déjà lu ce livre : comment vous situez-vous, vous, lecteur, lectrice de ce blog face à cette polémique qui durant un temps peut faire oublier les misères du monde ?
la rubrique "commentaire" ci-dessous est là pour vous.


dimanche 21 mars 2010

Les rillettes de Proust


J'ai adoré ce petit livre de Thierry Maugenest qui aurait pu s'intituler, mais c'eût été moins drôle :

"Kit de l'écrivain"

"Tutoriel à l'usage des écrivains en herbe qui rêvent de devenir grands" ...

"Écrivain pour les Nuls".

On comprendra pourquoi en lisant le texte de la 4ème page de couverture

J'ai adoré ce petit livre savoureux, intelligent, de grande richesse culturelle, plein de légèreté et d'humour et en même temps très pédagogique.

Au fil des pages, on y trouve :

Une page dédiée à l'inspiration capricieuse ...

Une autre consacrée à l'inspiration cette fois bien présente ... mais devant toutefois être travaillée et retravaillée et donnant après bien des ratures l'une des phrases (toujours de Proust) les plus célèbres de la littérature française : "Longtemps, je me suis couché de bonne heure".

Un chapitre consacré au choix des mots avec cette belle citation de René Char :
"Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux".

Quelques pages consacrées aux perles et aux coquilles, aux dédicaces, aux conjonctions ..etc

Une page sur l'amour ou l'auteur citant à la fois Stendhal et le Marquis de Sade, montre les différentes manières d'écrire une scène d'amour : l'une élégante et raffinée extraite de "La chartreuse de Parme" et l'autre un peu plus "crue" extraite de "Histoire de Juliette".

.. .et évidemment une page qui donne la clé du titre dans laquelle Thierry Mauguenest s'est semble-t-il donné beaucoup de plaisir en reprenant le célèbre texte de Proust sur la Madeleine et en remplaçant celle-ci par "les rillettes" ...


Livre de chevet indispensable pour les amoureux des Belles Lettres.

P.S. Je ne suis pas le seul a avoir aimé ce délicieux petit livre
voir l'article enthousiaste de François Busnel dans l'Express du 3 mars 2010

vendredi 20 novembre 2009

J'aime le numérique mais je resterai fidèle au livre au livre papier



Bien que je sois un inconditionnel des nouvelles technologies (on l'aura compris dans mes articles précédents)

que l'arrivée du livre numérique me séduit,

que je suis très intéressé pour voir, toucher les "Kindle" , "Reader" , "iLiad" et autres ebooks, ...

... que j'attends avec une impatience non dissimulée celui que devrait proposer bientôt Apple (vraisemblablement un iPhone grand format), je ne suis pas pour autant prêt à me passer du rapport tactile, visuel, sensuel au livre papier traditionnel car :

"Choisir un bon bouquin, c’est avant tout une rencontre entre un état d’esprit et une couverture, une quatrième de couv’ intéressante, un poids dans la main, une typo séduisante, on soupèse sans s’en rendre compte pendant qu’on réfléchit, celui-ci ou celui-là ?

Un livre, c’est un compagnon qui peut être ­rassurant lorsqu’il pèse un peu dans la poche d’une veste ou d’un sac.

C’est une sensation qui met l’esprit en condition dès qu’on effleure le grammage particulier de son livre, en tournant les pages.

On « sent » où on en est dans l’histoire à mesure que le petit paquet final se réduit, entre le pouce et l’index.

On peut le corner pour marquer des passages, souligner des phrases, bref, autant de marqueurs qu’un jour nous ou nos enfants retrouverons avec un sourire en coin, comme le legs inattendu et pourtant si parlant qu’est un livre."


(ce texte entre guillemets est de Maxime Chattam écrit sur ParisMatch du 12 au18 novembre n° 3156)

==> Pour lire la suite de son excellent article : cliquez ici


jeudi 4 juin 2009

La tyrannie de l'exquis



Voici le dernier livre de François Simon, éminent critique gastronomique français ; on le surnomme "le critique masqué" car il ne veut ni se laisser photographier, ni même se faire inviter de crainte justement d'être ...dé-masqué.

Je ne résiste pas, de nouveau, à vous faire découvrir cet extrait, savoureux, d'un article publié dans le "Journal du dimanche" du 9/11/2008 qui reflète bien le ton pamphlétaire de son livre.


"C'est bizarre, non? Quoi donc? Cette manie des restaurants de présenter de façon jolie. Comme si la nourriture était moche en soi. Comme si l'abondance était obscène, la générosité ringarde.

Alors, nous voilà face à des plats manucurés, se promenant en dandinant du derrière. Le comble ce sont ces fameuses mignardises (déjà le mot ... ) que l'onvous envoie histoire de vous « mettre en appétit ». Mais que l'on sache, lorsqu'on va au restaurant, il semble que l'on ait faim, n'est-ce pas? Et même parfois la dalle lorsqu'il faut à la carte dix minutes pour
rejoindre votre table.

Certes, il y a les périphériques à prendre: le directeur de salle, le chef de rang, le commis, la traduction des plats, mais bon, grosso modo, lorsque votre entrée arrive (celle que vous avez choisie), il se passe bien souvent 30-40 minutes.

Pour « vous faire patienter », le chef s'en va cheminer et vous concocte des mini-plats, des microcompresseurs de son génie. Cela donne une larme de betterave (l'engeance du moment) enfermée dans une coque de miel, une lunule de jambon espagnol, un aileron de fourmi, un tibia de grenouille, un maxillaire d'étourneau.

Tout est devenu petit, après les tomates-cerises et les carottes cure-dents, on ne devrait pas tarder à accueillir sous des cloches en forme de dés à coudre: le homard de 2 centimètres, le sanglier gros comme un coquelet, la citrouille comme un bouton de culotte.

Le serveur vous explique tout cela en novo langage en ouvrant grands les yeux pour rappeler qu'il faut manger de droite à gauche, et de bas en haut.

L'époque est ainsi, elle se veut jolie, c'est la tyrannie de l'exquis..."

François Simon

mardi 28 octobre 2008

... Elle ne parviendra pas à m'atteindre

J'ai trouvé très beau ce texte, extrait du dernier livre autobiographique de Benoîte Groult "Mon Evasion" : je le partage avec vous :

"Tant que je saurai où demeurer,

tant que je serai accueillie, en arrivant par le sourire de mes jardins,

tant que j'éprouverai si fort le goût de retourner et non celui de fuir,

tant que la terre n'aura perdu aucune de ses couleurs,
ni la mer de sa chère amertume,
ni les hommes de leur étrangeté
ni l'écriture et la lecture de leurs attraits

tant que mes enfants me ramèneront aux racines de l'amour,

la mort ne pourra que se taire.

Moi vivante, elle ne parviendra pas à m'atteindre"


Benoîte Groult - extrait de son dernier livre :"Mon évasion"

mardi 13 mai 2008

L'équation Bogdanov

"Existait-il «quelque chose» avant le big bang ? Telle est la question que se sont posée Igor et Grichka Bogdanov. Pour la première fois, un des plus brillants théoriciens de la physique moderne, le Pr Lubos Motl, analyse et confirme leurs travaux.

En 2002, les frères Bogdanov déclenchent une tempête dans le monde scientifique en publiant six articles sur l'origine de l'Univers. Des articles parus dans les meilleures revues de physique théorique, notamment la prestigieuse Annals of Physics dont les experts ont conclu que les Bogdanov apportaient des solutions nouvelles aux problèmes de l'origine du temps et de l'espace en dessous de l'échelle de Planck, avant le big bang. Dans les laboratoires, les discussions s'enflamment. Les Bogdanov sont-ils de véritables chercheurs ou bien s'agit-il d'un canular ?

Un expert déterminé, alors professeur à l'université de Harvard, a analysé en profondeur leurs travaux. Il nous livre ses conclusions dans cet ouvrage : les Bogdanov proposent rien de moins qu'une théorie alternative à la gravité quantique. De même qu'il existe un code génétique à l'origine des êtres vivants, il pourrait ainsi exister un «code mathématique» à l'origine de l'Univers tout entier."

"Préface de Clovis de Matos, physicien théoricien, responsable des études générales et concepts avancés à l'Agence spatiale européenne"

Extrait de la quatrième page de couverture du livre "L'Equation Bogdanov" (Presse de la renaissance)



* Lubos Moti, professeur de physique théorique, est l'un des chercheurs les plus réputés en théorie des Cordes. Il a été admis dons la Société des. Chercheurs de Harvard (2001-2004), l'un des cercles de recherche les plus prestigieux au monde. Très engagé sur le front des idées nouvelles et sur la recherche de solutions de nature a résoudre fa crise actuelle de la physique, il est l'auteur d'un article considéré aujourd'hui comme fondateur de la théorie matricielle des Cordes.